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Comment parler de poids avec son ado?

Arrière-plan

5 février 2024 Bien-être

Parents

Par Safiétou T. Sakala

Directrice de projets en santé mentale

Parmi tous les changements qui ont lieu à l’adolescence, ceux qui sont liés au corps occupent une place particulière, à la fois pour les parents qui voient leurs enfants grandir et, pour les ados eux-mêmes qui développent leur image corporelle.

En plus de la taille, le poids aussi change, mais tous les jeunes ne l’acceptent pas de la même manière. Dans notre société, la norme sociale favorise énormément la minceur par rapport à la grosseur. Dans ce contexte, comment aider son ado à développer une image corporelle saine, peu importe son poids ?

Prévenir la grossophobie

La grossophobie, c’est un ensemble de stéréotypes, de préjugés et de comportements négatifs qui visent à rabaisser ou à mettre à l’écart les personnes grosses1 . Par exemple, on croit souvent à tort que si une personne est grosse c’est parce qu’elle manque de volonté, mange trop ou mal ou ne fait pas assez d’activité physique. 

Le poids est influencé par plusieurs éléments comme la génétique, la prise de médicaments, le stress et les émotions, le revenu de la famille ou encore le sommeil.

Malheureusement, la grossophobie est très présente dans notre société. À l’école par exemple, le poids est l’une des sources principales d’intimidation. Même un compliment, qui ne se veut pas toujours mal intentionné, peut créer ou entretenir des préoccupations chez les personnes qui les reçoivent ou qui les entendent.

Les impacts de la grossophobie sur la santé

À l’adolescence, vivre de la grossophobie ou être très préoccupé par son poids peut avoir de nombreuses conséquences sur la santé physique et mentale.

Cela influence négativement l’image corporelle et l’estime de soi, par exemple, en entraînant une peur constante de grossir ou encore, une insatisfaction constante face à son reflet dans le miroir. Dans certains cas, cela peut même engendrer des troubles alimentaires, de l’anxiété ou une dépression. 

Bien souvent, on a l’impression que le poids a un effet direct sur la santé. Pourtant, d’autres facteurs tels que l’endroit où l’on vit ou encore les expériences que l’on traverse pendant l’enfance sont particulièrement importants pour notre santé. Peu importe son poids, une personne peut profiter des bienfaits que l’adoption des habitudes de vie favorables à la santé et au bien-être procure.

En tant que parent, il est donc important de faire attention à nos paroles et à nos gestes, car même s’ils sont bien intentionnés, ils pourraient entraîner des répercussions importantes sur les ados. 

Promouvoir une image corporelle saine !

Voici quelques pistes pour soutenir son ado dans l’acceptation de son corps, peu importe son poids :

  • Valoriser ses qualités et ses forces qui ne sont pas en lien avec son apparence.
  • Normaliser et respecter la diversité des silhouettes et des corpulences qui existent naturellement dans la société (ex : encourager des attitudes positives et ouvertes face à la différence).
  • Parler des aliments et de l’activité physique de façon positive en misant sur le plaisir et le bien-être qu’ils procurent (plutôt que sur le poids qu’ils « permettraient de contrôler ! »).
  • Adopter de saines habitudes de vie telles qu’une gestion adaptée du stress, une bonne qualité de sommeil ou une utilisation équilibrée des écrans.
  • Être soi-même un modèle en faisant preuve de bienveillance envers son propre corps. 
  • Identifier et déconstruire les stéréotypes et les préjugés tenus envers les personnes grosses (ex : une personne peut être grosse tout en étant très active physiquement). 
  • Éviter les commentaires et les moqueries sur le poids ! 

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur les gestes à poser pour prévenir la grossophobie et promouvoir une image corporelle saine, consultez les outils de la Table québécoise sur la saine alimentation.

Pour permettre aux ados de s’épanouir physiquement et mentalement, il est essentiel de les qualifier et valoriser autrement que par l’apparence (en soulignant leurs traits de personnalité, leurs forces, leurs talents, leurs réalisations, etc.), de les éduquer à la diversité, à l’importance d’être aligné et connecté à soi-même, et d’instaurer une relation harmonieuse avec eux.

  1 Ce terme est utilisé comme un qualificatif descriptif pour désigner la grosseur sans connotation péjorative. Nous reconnaissons toutefois que certaines personnes peuvent ne pas être à l’aise de l’utiliser.

Références

TQSA, Le poids dépend-il seulement de la volonté ?
Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), Enjeux liés au poids
ASPQ, Trousse pour des communications saines sur le poids