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Je m'inquiète pour mon ado, quoi faire?

Arrière-plan

29 septembre 2021 Santé mentale

Parents

Par Stéfanny Trudeau

Intervenante

Ahh l’adolescence! Période charnière où chaque parent voit son enfant passer par une transition spectaculaire : l’adolescence. C’est connu, cette période peut poser un défi de taille pour tous.

Chaque jeune évolue à son rythme, selon ses expériences, sa personnalité et son environnement. Alors, comment faire la distinction entre ce qui est normal à l’adolescence de ce qui ne l’est pas? Comment observer l’évolution de son jeune, sans anticiper le pire et se faire des scénarios catastrophes?

L’adolescence normale

Donc, comment déterminer si son ado est anormal, sachant qu’il est une personne unique et en plein développement. Tout d’abord, une adolescence normale se caractérise par :

  1. La recherche de soi et de son identité (les valeurs, les goûts, les intérêts)
  2. Le besoin d’appartenance auprès de ses amis
  3. Le plaisir avant les responsabilités
  4. La prise de risques
  5. L’éveil d’une curiosité sexuelle
  6. La rébellion et l’indépendance de la famille
  7. 7Les humeurs et les émotions en contradiction

Ainsi, l’adolescence dite normale englobe une tonne de nuances dans son développement, ce qui rend la tâche encore plus difficile à distinguer de ce qui est normal de ce qui est problématique.


« Je pense que la stabilisation de la personnalité de l’adolescent ne se fait pas sans passer par un certain degré de comportement pathologique que nous devons considérer comme normal à ce stade de la vie. » – Mauricio Knobel

Observer pour jauger

Afin de déterminer si notre inquiétude envers notre jeune est véridique et fondée, il est intéressant de se pencher sur 3 éléments clés : le changement de comportement, la durée dans le temps et la présence ou l’absence de signes d’amélioration. En effet, en observant si ces indicateurs sont présents, nos inquiétudes pourront être validées auprès d’un professionnel. Cependant, il est recommandé de ne jamais auto-diagnostiquer son jeune basé sur nos impressions et nos peurs, mais plutôt par des faits observables.

1er indicateur : le changement de comportement

Le changement de comportement est celui le plus difficile à confirmer lors de l’adolescence, sachant que les jeunes sont en plein essor du développement de leur personnalité, leurs intérêts, leurs choix et leurs valeurs. Cependant, il faut dénoter la nature du changement de comportement. En d’autres mots, est-ce un changement lié à sa croissance, son développement personnel comme une plus forte attitude, des intérêts musicaux nouveaux, etc. Ou est-ce un changement qui pourrait se développer de façon plus problématique, comme la consommation, défier les règles, manquer des cours, manquer de respect, etc.

2e indicateur : la durée dans le temps

Ce deuxième indicateur vient souvent confirmer les inquiétudes quant aux changements de comportement. Par exemple, un jeune qui vit une rupture amoureuse, une chicane avec ses amis ou même un changement d’école peut présenter des comportements différents. Cependant, comme ce sont des changements circonstanciels qui sont directement liés à une situation précise, nos inquiétudes peuvent se dissiper. Donc, la durée dans le temps reste très lousse et subjective puisqu’une peine d’amour peut durer entre quelques heures à plusieurs mois pour un adolescent.

3e indicateur : aucun signe d’amélioration

Pour venir éclaircir nos doutes, le troisième indicateur clé démontre l’évolution de l’état du jeune. En effet, si votre adolescent a un changement de comportement important, qui dure dans le temps et qui ne s’améliore pas, c’est un signe qu’il peut y avoir de la détresse psychologique. En d’autres termes, si votre jeune empire ses comportements et en développe de nouveaux tout aussi inquiétants, il est temps d’aller chercher du soutien.

Vers qui se tourner?

Donc, si nos observations et nos échanges avec notre jeune démontrent qu’il a changé de comportement, que ça dure dans le temps et que ça empire, vers qui peut-on se tourner pour valider notre perception? Il est toujours recommandé d’ouvrir la conversation avec son ado pour valider que notre lecture est bonne. Ici, on ne cherche pas à culpabiliser, chicaner ou diagnostiquer. On cherche à créer une ouverture si votre jeune exprime le besoin d’être aidé.

Avant de se lancer à la recherche d’un spécialiste, il peut être intéressant de regarder les ressources communautaires et publiques disponibles. Visionner des capsules ou lire des documents peut nous outiller suffisamment pour réajuster nos interventions auprès de notre ado.

Si on sent que cela n’est pas suffisant, on peut solliciter l’aide des professionnels de l’école. Ils ont l’expertise de travailler au quotidien avec des jeunes et ils connaissent bien les enjeux liés à l’adolescence.


Les professionnels de l'école sont multiples, tels que travailleur social, éducateur spécialisé, intervenant psychosocial, psychologue, infirmier et autres.

Évidemment, l’avis médical est parfois nécessaire pour dissiper les doutes. Le médecin de famille peut faire des tests de routine et si tout semble beau au niveau physique, il peut offrir une référence vers un spécialiste en santé mentale.

Ne pas paniquer

Il est facile d’envisager le pire quand vient le temps d’observer notre ado. Cependant, avant de paniquer, il est important de se souvenir que même les spécialistes en adolescence s’entendent pour dire que de catégoriser ce qui est normal d’anormal à l’adolescence est un défi de taille! Donc, faites confiance en votre intuition parentale et en cas de doute, solliciter votre réseau et les professionnels qui seront présents pour vous accompagner dans les défis quotidiens d’accompagner son ado dans son développement.

 

Références

Être parents, Syndrome de l’adolescence normale