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Aider son jeune à développer son plein potentiel

Arrière-plan

20 septembre 2019 Relation parent-enfant

Parents

Par Audrey Fortin

Intervenante

Connaissez-vous l’histoire du papillon? 

Il était une fois, un homme qui marchait en forêt. Fasciné par la nature, il amena avec lui sa toute nouvelle caméra. Sa principale intention : capter la beauté dans son état naturel. Il prit donc quelques clichés d’oiseaux, de fleurs et même celui d’une coccinelle. S’étant approché tout près d’un arbre, il posa son regard intrigué sur un petit point blanc. 

Émerveillé, il s’aperçut que c’était un cocon. Un tout petit papillon se débattait à l’intérieur. Pendant un instant, il regarda l’insecte tenté de s’extirper de son enveloppe. Quand il crut enfin que le papillon arrivait à ses fins, il fut surpris de le voir abandonner. 

À bout de forces, le petit insecte semblait avoir tout donné. L’homme qui voulait photographier le premier envol du papillon se voyait déçu. Il ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer. Puis, tout à coup, il eut une idée. Afin de faciliter la tâche de l’insecte, il prit son canif et fit une petite incision dans le cocon. 

Impatient, il attendit que le papillon déploie enfin ses ailes, mais rien ne fut. Attristé, il vit plutôt le corps frêle de l’insecte. Incapable de supporter son poids, il lui était impossible de voler de ses propres ailes. L’homme comprit alors l’erreur qu’il venait de faire. Impuissant devant le sort du papillon,  il retourna la mine basse à sa maison. 

Qu’est-ce que la surprotection? 

Vous êtes-vous reconnu dans cette histoire ou avez-vous reconnu l’un de vos proches ? Il nous arrive souvent de poser ce genre de gestes. Pourtant empreinte d’amour, de gentillesse et de bienveillance, cette attitude freine plutôt le développement de l’être cher que nous voulions aider au départ. S’il est tout à fait normal d’agir ainsi avec un enfant en bas âge ou qui présente des limitations, c’est totalement différent rendu à un certain âge. Malgré nos bonnes intentions, nous empêchons notre jeune de déployer son plein potentiel et de prendre le chemin vers sa propre liberté. 

Cela part généralement d’une pensée « S’il n’était pas capable… » Alors, nous nous laissons envahir par l’inquiétude « Qu’est-ce qu’il va lui arriver s’il vit un autre échec, un autre refus? »  Pour lui enlever un poids sur ses épaules, mais surtout pour nous rassurer, c’est plus fort que nous, nous finissons par faire les choses à la place de l’autre. Conséquemment, notre jeune peut interpréter que nous ne lui faisons pas confiance et peut même se sentir inapte et n’osera pas agir. Alors, commence ainsi le cercle vicieux où chaque parole ou action viennent renforcer l’opinion et les sentiments des deux parties. 


La surprotection peut amener le jeune à avoir des pensées négatives à son égard et commencer à se déresponsabiliser. 

Pourquoi est-ce négatif de surprotéger son jeune?  

S’il est plutôt facile de voir les répercussions de cette surprotection pour le jeune, c’est-à-dire des pensées négatives à son égard et une déresponsabilisation de sa part, qu’en est-il pour le parent ? Le fait de vouloir aider notre ado et de finir par faire les choses à sa place peut amener le parent à être perçu comme un agresseur. Le parent peut entendre des phrases telles que : « Laisse-moi faire », « Tu m’étouffes », « Arrête de me dire quoi faire », « Tu vois bien que tu veux plus que lui ». 

À l’inverse, le parent pourrait aussi devenir à son tour la victime en recevant ces propos : « C’est de ta faute tout ce qui arrive », « Si tu n’en avais pas fait autant pour lui, vous n’en seriez pas rendu là ». Frustration, déception, tristesse, culpabilité, colère, impuissance, épuisement peuvent envahir le parent. Dans tous les cas, le contrecoup de l’aide devient aussi lourd à porter que les craintes initiales. 

C’est difficile de changer, mais c’est pour le mieux!  

Tout changement dans notre façon de penser ou de faire les choses crée au départ un inconfort. Toutefois, à la longue, les deux parties peuvent en tirer avantage. En respectant le rythme et les choix de notre ado, ce dernier peut développer son autonomie, son sens des responsabilités, son sentiment de compétence ainsi que sa confiance et son estime personnelle. En nous abstenant d’agir à sa place ou en évitant de lui donner des conseils, nous brisons alors le cycle vicieux initial. 

Comment pouvons-nous alors l’aider?  

Tout simplement en étant présent, en l’encourageant, en l’aidant à rester motivé et en le soutenant. L’information est très importante, mais n’est rien comparativement à l’expérience. Il est donc nécessaire d’accepter que notre jeune fasse « des mauvais choix », afin qu’il puisse en tirer lui-même ses conclusions et puisse ainsi en tirer une leçon. La morale de l’histoire est que de faire confiance reste la plus belle façon dont nous pouvons appuyer nos jeunes. 


Références

ALPABEM, Formation ARSA – Apprendre à se rapprocher sans agressivité